Hier soir, entre 2h et 4h du matin, je me suis pris au jeu de la relecture. Etranges impressions après avoir laissé ce blog sans nouvelle de moi pendant un long moment … c’est marrant de voir écrit la partie émergé de l’iceberg, quand on sait sa totalité de l’aventure.
Petite remise à niveau au passage, parce que de très belles choses sont arrivées dans ma vie depuis mon dernier post.
J’ai rencontré Rosa Ana Fernandes de Lima le vendredi 6 Mars 2009. Le matin même, à l’aéroport Charles De Gaulle, je rentrais de mon 3ème voyage au Brésil. Après avoir été accueilli magistralement par Jeannot, j’avais finalement décidé, sans surprise, de passer au café de la Plage pour revoir les loulous du samba « parisiense » et jouer un peu de musique.
On s’est rencontré par l’intermédiaire de Luisa, une très bonne amie de Fil (je reparlerai de mon ami Fil plus bas), qui était à Paris depuis la rentrée précédente pour étudier à la Faculté de Paris VIII, fameuse pour sa densité d’étudiants venus de toute la planète. J’ai su plus tard que Rosa était décidée à ne pas sortir ce soir là, que les sorties parisiennes dans le monde du samba ne l’attiraient guère, et qu’elle n’était pas très disposée à se faire « draguer » par un petit français. Aujourd’hui, elle s’appelle Rosa Ana Druot de Lima, et c’est ma femme. Nous nous sommes mariés le Samedi 10 Juilet 2010 au « cartorio » (Notaire) de Catete, un quartier situé entre Flamengo et le centre de Rio de Janeiro.
Après plus de 6 mois de démarche, on ne pensait plus pouvoir se marier là-bas, entre les délais administratifs, le fait que j’étais, déjà depuis quelques mois, en situation illégale dans le pays, et que j’avais un billet retour pour le 12 Juillet. Le Jeudi 8, on a su que c’était possible, et le Samedi 10 à 9h30 du matin (après une soirée très fortement arrosée) nous étions mari et femme, après l’avoir espéré, rêvé pendant des mois. Et nous sommes rentrés à Paris après un an à Rio …
Nous habitons aujourd’hui le quartier de la Fourche, dans le 17ème à Paris, dans un charmant 2 pièces où nous pouvons pleinement profiter de la chance, du bonheur d’être à deux.
J’avouerai ici que lorsque que j’ai quitté Sophie à l’été 2007, après un peu plus de 9 années de vie commune, j’étais persuadé que jamais plus je ne rencontrerai une personne avec qui je pourrais avoir autant de complicité, parce que les gens ne se permettent plus d’aimer (moi y compris à l’époque), que je suis assez « spécial » dans mon genre, et que je ne crois pas qu’il soit facile en soi de vivre avec moi. J’étais un ours mal léché comme on dit, mais Rosa m’a beaucoup changé, pour le bien de tout le monde autour de moi, et pour mon plus grand bonheur.
Petite parenthèse à propos de Felipe Fernandez Messina da Cunha, dit « Fil ». Nous sommes devenus amis à Rio pendant le carnaval 2009, il a été mon élève de français, puis les cours ont dérivés en ballades socio-psycho-philosophiques à travers la ville, à la manière des péripatéticiens grecs de l’antiquité.
Rares sont les rencontres où tout semble facile, où l’on sent l’amour et l’empathie de l’autre sans avoir à en faire la demande, où l’on se donne tout sans espérer plus que l’amitié de l’autre. J’avais déjà eu la chance de le vivre en arrivant à Paris avec un « certain » Christophe, qui m’avait ouvert en grand ses bras, sans rien me demander en retour. J’avais presque été gêné, à l’époque, de recevoir autant d’affection gratuite. Pas l’habitude. Un de ces jours, je ferai un post juste sur ce qu’a été cette rencontre pour moi, et il y a bien des choses à dire en somme. Pour l’anecdote, je les ai présenté l’un à l’autre en ces termes : « Christophe, je te présente Fil, c’est mon Christophe de Rio. Fil, je te présente Christophe, c’est mon Fil de Paris ». En vérité, j'ai connu ça avec deux autres personnes à l'époque où je suis arrivé à Paris : Bruno et Vincent, qui mériteraient que je leur dédie un post aussi.
Fil voulait découvrir Paris, l’Europe, lui qui a des origines italiennes (Messina est une ville et une province de Sicile), il est donc venu en France par la suite et je l’ai accueilli chez moi. Nous avons vécu pendant trois mois à trois dans 18 m², avec Rosa, et il faut bien dire que ça c’est très bien passé, ce qui n’est pas évident dans ce genre de situation.
Felipe est l’opposé du stéréotype carioca, ou plus généralement brésilien. Il est grand, sec, porte des lunettes de myope, fait preuve d’ironie en permanence, voir de cynisme par moment. En réalité, il est quand même très carioca parce qu’il fait beaucoup de sport, est passionné de musique (c’est un excellent DJ, rarement vu d’aussi bon en terme de culture musicale internationale), qu’il est supporter à la vie à la mort du club de football de Flamengo (on s’est fait des soirées Copa Libertadores, la Champion’s League sud-américaine, au Maracanã, dont je pense me rappeler encore dans 50 ans), et qu’il est d’un machisme à toute épreuve.
Fil est mon ami, et il restera de toute façon comme le compagnon masculin le plus important de cette période « carioquesque » de ma vie. Il est mon demi-frère brésilien. En réalité, je pense que l’amitié n’existe pas, il n’y a que la famille ou le sentiment filial qui nous pénètre vraiment, le reste n’est qu’illusion des sens. Certaines personnes sont déjà de ta famille alors que tu ne les connais pas encore, d’autres sont proches mais n’en feront jamais partie.
Pour terminer ce post, donc, je dirais que ces dernières années, qui me paraissent tellement éloignés alors que j’écris ces lignes, sont mon apprentissage, ma déchéance, mes régressions, les bases de mon épanouissement, ma vanité, mon orgueil, et elles marquent la fin de cette solitude accompagnée que je connaissais depuis que je m’étais éveillé au monde, je devais avoir 16 ans à l’époque, et jusqu’alors je pensais m’appeler « Silence Planques-toi ». Aujourd’hui, je suis deux, et bientôt peut-être, nous serons trois.
Se Deus quiser … (Si Dieu le veut)
Et n’oubliez pas, dans la vie, il est nécessaire d’arrêter de continuer de cesser, sinon on est foutu. En même temps, « le chemin le plus court pour aller de la barbarie à la décadence passe par la civilisation … » (Jacques Brel).
@ plus
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