Ici il pleut depuis quelques jours, et la température est un peu fraiche pour ce qu'on appelle les tropiques. Entre 15 et 20 degrés sous les nuages. Par contre, dès que le soleil tape un peu dans l'après-midi, on décolle jusqu'au 30° très rapidement. Voilà pour les amateurs de météorologie.
J'essaye d'organiser mes cours de français, j'ai trois élèves potentiels. Je dis potentiel parce que je ne saurai que dans la fin de semaine si ça va marcher. Trois filles en vérité, une par mailing, une par Isadora, et la cousine de Miguel qui doit passer une épreuve de français en Mars, elle qui n'a jamais étudié la moindre phrase de la langue de Molière de toute sa vie.
On va commencer à chercher plus sérieusement un appartement avec Rosa, pour l'instant on s'était laissé profiter de la présence de l'autre.
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C'est fou la peur que j'ai à chaque fois que je viens ici. Ne serait-ce que traverser l'Atlantique en avion, déjà, c'est un truc de fou. C'est mon vol le plus chaotique depuis la première fois en 2006, et 11/12h c'est long sans escales. Une certaine peur de mourir donc, aussi parce que je sais qu'à Rio il faut rester très attentif à ce qui se passe autour de soi, ça pourrait avoir l'air d'être tellement sans danger comme ça, et puis non. Pour la première fois, j'habite à Santa Teresa, c'est le Montmartre d'ici mais en beaucoup plus grand, une colline ou s'éparpillent des quartiers de la classe moyenne (très prisé par les musiciens car "Lapa", le quartier des bars musicaux, est juste en bas coté centre de la ville) et des favelas plus ou moins dangereuses, même si elles le sont toutes d'une certaine manière. Tous les jours j'entends des tirs de balles et des feux d'artifices, et j'ai appris très rapidement à faire la différence entre les deux sons. De la sémiologie des favelas, j'ai appris qu'un tir de balle sert à avertir, comme un tir de feu d'artifice, mais que certaines symphonies pétaradantes en disent long sur la guerre qui se déroule dans cette ville. J'habite à l'interieur, presque au centre même de cet ensemble de colline de Santa Teresa, et juste en face, sur l'autre versant qui monte en face de la petite vallée, se trouve une favela. On est trop loin pour être à porté de tir, mais trop près pour ne pas sentir la vie des gens qui y habite.
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Il y a la aussi peur d'être dépassé par l'énérgie de cette ville, qui, comme Paris, est un appareil digestif social et psychologique. Elle vous mange, vous digère, pour créer sa propre énérgie. Et ici, c'est beaucoup plus grand que notre Paris, 15 millions de personnes juste dans Rio, entre la Zona Norte et la Zona Sul. C'est un ogre qu'il va falloir affronter, alors que notre capitale pourrait sembler de taille humaine. L'avantage, c'est d'être dans des conditions optimales pour continuer à étudier le "Surf social". Sport national ici je pense, il s'agit de se mettre en attente permanente de la vague de bonne énergie, et de savoir la prendre au passage. Un brin individualiste n'est-il pas, mais libèrant d'un certain poids de l'autre, que j'ai personnellement dans mon éducation, et qui me semble plus généralement présent dans les cultures européennes.
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Et puis il y a la peur de ne pas réussir à gagner assez d'argent pour vivre heureux ici, parce que je sais qu'ici la notion de salaire à la fin du mois est plus aléatoire qu'en France, que je ne dois plus penser comme un français, sinon "fudeu" (je suis "foutu", enfin pour le dire gentillement).
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Bref, un vrai putain de nouveau départ ...
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1 commentaire:
Pas de nouveau post depuis celui du 15 sept..
Où en sont les cours ? Où en est ta vie là bas ?
Après l'annonce des jeux de 2016, les habitants sont-ils descendus fous de joie dans les rues ?
Est-ce que la mort du journaliste français Christian Poveda, qui a réalisé le film "la vida loca", fait bouger les choses dans la vie des gangs ?
Bisous,
Fait gaffe à tes fesses, parait que ça chauffe sévère..
c.
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